En PME/ETI, le PCA/PRA est souvent ignoré.
Pas par mauvaise volonté. Plutôt parce qu’on se dit que ça va prendre du temps, que c’est “trop gros”, ou qu’on a “déjà des sauvegardes”.
Sauf que le jour où ça tombe, ce n’est plus un sujet IT.
C’est un sujet activité : production, commandes, expéditions, facturation, relation client. Et là, on n’a plus le luxe d’improviser.
L’objectif de cet article est simple : expliquer à quoi sert un PCA/PRA, et surtout ce qui se passe quand il n’existe pas.
PCA et PRA : version simple (PME)
On peut faire compliqué. Mais ça ne sert à rien.
- PCA (Plan de Continuité d’Activité) : comment l’entreprise continue, même en mode dégradé.
- PRA (Plan de Reprise d’Activité) : comment on remet les systèmes en route, dans le bon ordre, avec des priorités claires.
Un PCA/PRA n’est pas un classeur.
C’est une procédure exécutable, lisible sous stress, comprise par les bonnes personnes.
Et surtout : ce plan doit être compris et validé par la Direction.
Même si ce n’est pas la Direction qui l’exécute, c’est elle qui doit savoir ce qui va se passer et dans quels délais le jour où il faut l’appliquer.
Pourquoi c’est ignoré… et pourquoi c’est une erreur
Les raisons sont toujours les mêmes :
- “On n’a jamais eu de gros incident.”
- “On a un prestataire, il gère.”
- “On a des sauvegardes.”
- “On fera ça plus tard.”
Le problème, c’est que les incidents n’arrivent pas quand c’est prévu.
Et plus l’entreprise dépend de son SI, plus l’absence de plan devient un risque réel.
Ce qui se passe quand il n’existe pas
Quand il n’y a pas de PCA/PRA, le scénario est rarement “on s’en sort quand même”.
C’est plutôt une suite de pertes de temps, de décisions floues et de bricolage.
Concrètement, ça donne :
- Personne ne sait quoi redémarrer en premier : on perd du temps sur des sujets secondaires pendant que le métier est à l’arrêt.
- Personne n’ose trancher : sous stress, la responsabilité pèse, et les décisions se bloquent.
- Dépendance à une personne clé : “lui sait”, “lui a les accès”, “lui connaît l’historique”. S’il est indisponible, c’est la panique.
- Restauration dans le désordre : on remonte des briques, mais il manque des dépendances (réseau, identités, stockage, DNS…).
- Communication chaotique : personne n’a de message clair, ni en interne, ni vers les clients.
- Reprise plus longue que nécessaire : et donc coût plus élevé, tension plus forte, image dégradée.
Le PCA/PRA sert justement à éviter ça :
remettre de l’ordre, des priorités, et une exécution simple.
“On a des sauvegardes” ≠ “On a un PRA”
Avoir des sauvegardes, c’est bien.
Mais une sauvegarde ne redémarre pas une entreprise.
- Une sauvegarde, c’est de la donnée.
- Un PRA, c’est une reprise d’activité : ordre, dépendances, accès, matériel, personnes, décisions.
Et il y a un point qui tue beaucoup de plans : si ce n’est pas testé, ce n’est pas prouvé.
Une sauvegarde non testée, c’est une hypothèse.
Le point oublié : restaurer, c’est aussi du matériel
Même si la sauvegarde est bonne, il faut :
- de quoi la lire
- de quoi recevoir les données
- de quoi faire tourner les services
Le jour où un serveur tombe, on retombe sur des questions basiques :
- on restaure où ?
- avec quel stockage ?
- avec quel hyperviseur ?
- avec quels équipements réseau ?
- et surtout : dans quels délais ?
Sans anticipation, on attend une livraison, on improvise, ou on surcharge un matériel déjà limite.
Et la reprise se transforme en bricolage.
Deux options pragmatiques en PME/ETI :
- prévoir un minimum de spare en interne (selon criticité)
- ou avoir un contrat clair avec un fournisseur/infogérant pour garantir du matériel disponible dans un délai défini
Le bon plan PME : le “site bêta” (spare à coût réduit)
Au moment de remplacer un serveur, l’ancien peut devenir un spare acceptable.
Pas un environnement parfait. Mais une base solide pour redémarrer l’essentiel, le temps de remettre du matériel propre.
C’est du pragmatisme… et de la RSE : coût réduit, reprise plus simple, et moins de matériel jeté pour rien.
Point d’attention : ce spare doit rester vivant au minimum (accès, alimentation, stockage, tests ponctuels).
Sinon, le jour J, c’est la mauvaise surprise.
Le point Direction
Le PCA/PRA doit être validé par la Direction.
Pas pour faire joli : pour acter les priorités, le mode dégradé, et les délais de reprise réalistes.
Sinon, en crise, on débat… et on perd du temps.
Conclusion
Un PCA/PRA simple vaut mieux qu’un PCA/PRA parfait qui ne sera jamais utilisé.
En PME/ETI, l’objectif n’est pas de produire un document. L’objectif est de pouvoir repartir.
Si vous voulez structurer ça proprement, avec un plan court et réaliste :
